Assurance emprunteur et cancer de la langue

Geoffroy Roques, courtier en assurance emprunteur
Mis à jour le 15 juillet 2025

Sommaire
Besoin d'une solution AERAS ?Le cancer de la langue est un sous-type de cancer de la bouche, touchant environ 2 200 personnes par an en France. Il représente une part importante des cancers de la sphère ORL. L’âge moyen au diagnostic est de 60 ans, mais des formes précoces apparaissent de plus en plus chez les jeunes, notamment à cause du HPV.
Trouver une assurance de prêt immobilier à la suite à un cancer de la langue peut impacter le taux d’assurance.
Mais avant cela il faudra trouver une assurance de prêt couvrant les risques décès PTIA IPT ITT pour que la banque accepte de vous consentir l’emprunt.
Le questionnaire santé de l’assurance restera une étape déterminante. En effet c’est ici que vous comprendrez que tous les assureurs n’ont pas les mêmes conditions de garantie et qu’il faut faire appel à un courtier spécialisé pour espérer trouver une solution d’assurance.
Bien qu’un droit à l’oubli s’applique après 5 ans, il faudra maitriser les dispositifs pour ne pas tomber sur une situation de fausse déclaration.
Vous anticipez un problème d’assurance emprunteur ? Vous avez besoin de conseil ? Vous avez une exclusion de garantie ? un refus ? une surprime ? Votre dossier est urgent ?
Quelques points sur le cancer de la langue
Les signes avant-coureurs
Les premiers signes du cancer de la langue passent souvent inaperçus. Une petite ulcération qui ne guérit pas ou une douleur chronique localisée peuvent être les premiers indices. Une difficulté à avaler, une gêne lors de la parole ou un changement dans la voix sont également des symptômes fréquents.
On observe parfois une perte de poids inexpliquée, une mauvaise haleine persistante ou une raideur de la langue. Des ganglions enflés au niveau du cou peuvent accompagner ces signes. Tout symptôme inhabituel dans la bouche qui persiste plus de deux semaines doit être examiné par un professionnel.
Le Diagnostic
Dès l’apparition de signes anormaux, le médecin effectue un examen clinique de la bouche et de la gorge. Si une anomalie est détectée, une biopsie est réalisée : il s’agit de prélever un fragment de tissu pour analyse. Le but est de confirmer la présence de cellules cancéreuses.
Des examens d’imagerie comme l’échographie, l’IRM ou le PET scan aident ensuite à évaluer la taille de la tumeur linguale et sa propagation éventuelle aux ganglions ou à d’autres organes. Cette étape permet de définir le stade du cancer. Plus le diagnostic est précoce, plus les chances de guérison sont élevées.
Quels traitements ?
Le choix du traitement repose sur la taille, le stade du cancer et l’état général du patient. Une intervention chirurgicale est souvent nécessaire pour retirer la tumeur. Cette opération peut être suivie d’une radiothérapie ou d’une chimiothérapie, seules ou combinées, afin d’éliminer les cellules cancéreuses restantes.
Pour les cancers avancés, une chirurgie reconstructive peut être envisagée afin de préserver les fonctions essentielles comme la parole ou l’alimentation. Un accompagnement pluridisciplinaire est indispensable tout au long du parcours : rééducation, soutien psychologique, suivi nutritionnel. Les progrès en oncologie permettent aujourd’hui d’améliorer la qualité de vie des patients traités pour un cancer de la langue.
Ces traitements, parfois récents, ne seront pas toujours pris en compte dans les statistiques utilisés par les assureurs de crédit immobilier.
Assurance emprunteur et cancer de la langue
Quand on a été touché par un cancer de langue, obtenir une assurance emprunteur ne se fait pas du jour au lendemain.
Même si le droit à l’oubli ou la convention AERAS sont évoqués, il faut savoir que chaque assureur a sa propre politique d’acceptation.
C’est ainsi que certaines compagnies pourront transmettre votre dossier au niveau 3 quand d’autres vous donneront leurs conditions au niveau 2 AERAS.
Avant tout, le questionnaire santé est une étape sur laquelle vous devrez être extrêmement vigilant.
Si vous ne bénéficier pas de la Loi Lemoine (exonération de questionnaire médical sous condition de montant d’emprunt et d’âge au terme du crédit immobilier), vous devrez y indiquer :
- Vos antécédents,
- Vos traitements (chimio,….),
- Vos hospitalisations,
- Les dates importantes (rémission par exemple),
- Vos arrêts de travail en lien avec la période de traitement de votre cancer ou autre.
Si votre cancer de la langue est récent, la réponse sera souvent un ajournement, surtout s’il s’est écoulé moins de trois ans depuis la fin des soins. Cela signifie que votre dossier n’est pas encore éligible aux grilles d’acceptation de certaines compagnies.
Il est aussi fréquent que l’assureur demande des examens ou des comptes rendus spécifiques : bilan d’extension, compte rendu opératoire, résultats biologiques… Selon les cas, un questionnaire sur les pathologies cancéreuses sera à faire remplir par votre médecin sera exigé.
Un courtier spécialisé dans les risques médicaux saura identifier les compagnies les plus adaptées à votre situation. Il pourra aussi vous conseiller sur les garanties à souscrire (décès, PTIA, IPT, ITT), sur les quotités ou encore sur le bon timing pour une délégation d’assurance.
En effet, votre banque considère que la couverture d’assurance est obligatoire mais rien ne vous oblige à souscrire le contrat qu’elle vous propose dans le cadre de votre simulation d’emprunt.
Les conditions d’assurance et les surprimes
Lorsque vous indiquez un cancer de la langue dans le questionnaire médical, des refus d’assurance emprunteur sont possibles.
Il faudra donc composer avec des surprimes qui s’appliqueront en priorité sur les garanties décès PTIA du contrat.
Si chaque compagnie vous communiquera ses propres conditions d’assurance, toutes se baseront sur les mêmes facteurs pour vous communiquer leurs décisions :
- Le temps écoulé entre la date de fin de votre traitement et celle où vous complétez le questionnaire médical
- La taille de la tumeur qui sera généralement indiqué dans le compte examen anatomopathologique après la biopsie
- Le stade auxquels vous cancer a été diagnostiqué (stade 1, 2,…)
- Le protocole thérapeutique que vous avez suivi
En cas de présence d’une extension extra capsulaire ou d’un envahissement des nerfs les conditions ne vous seront pas favorables.
Il en sera de même en cas d’adénopathies métastatiques.
En pratique ces point vont jouer sur certaines garanties du contrat.
Pour la garantie décès PTIA cela conditionnera le niveau de surprime (entre 200% et 300% sur cette couverture. Pour les garanties IPT, ITT et IPP, c’est tout simplement l’accord d’assurance qui sera en jeu.
Les couvertures invalidité et incapacité pourront donc tout bonnement vous être refusées par la compagnie d’assurance.
Que faire si l’assurance du prêt est refusée en raison d’un ancien cancer ?
Si votre assurance emprunteur est refusée en raison d’un ancien cancer, plusieurs solutions s’offrent à vous.
Commencez par vérifier si vous êtes éligible au droit à l’oubli.
Depuis la loi Lemoine, vous n’êtes plus tenu de déclarer un cancer guéri depuis plus de 5 ans sans rechute, à condition que le crédit immobilier se termine avant vos 71 ans.
Noter que le droit à l’oubli s’applique également pour les crédits professionnels.
Prenez contact avec un courtier spécialisé dans les risques aggravés.
Ses connaissances sur le sujet des refus d’assurance pourront vous être utiles. En effet, vous aurez parfois mal exploré certaines possibilités permettant de valider un accord d’assurance et l’accord de principe du prêt dans la foulée.
Vous pouvez également bénéficier de la convention AERAS, qui prévoit un réexamen en trois niveaux de votre dossier pour faciliter l’accès à l’assurance, et inclut une grille de référence pour certains types de cancer, avec des surprimes limitées voire inexistantes.
Le cancer de la langue ne fait pas partie des cancers cités dans la grille de référence.
La solution en cas de refus d’assurance bancaire peut généralement provenir d’une recherche via une délégation d’assurance. Ici, il faudra trouver une compagnie plus souple que celle de votre établissement bancaire.
Si vous avez une cinquantaine d’année, empruntez sur une durée courte (10 ans par exemple) pourra parfois être la solution.
