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Souscrire une assurance emprunteur avec une maladie du rein : est-ce possible ?

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Geoffroy Roques, courtier en assurance emprunteur

Mis à jour le 22 mars 2025

assurance de prêt et maladie des reins

Chaque année en mars, la Semaine Nationale du Rein, met en lumière un enjeu de santé publique souvent sous-estimé : les maladies rénales. Ces pathologies touchent près d’une personne sur dix dans le monde et leur prévalence est en constante augmentation.

Cette semaine dédiée est une campagne annuelle de sensibilisation organisée en France (et dans d’autres pays sous la forme de la Journée mondiale du rein) pour attirer l’attention sur les maladies rénales chroniques (MRC). Elle est portée notamment par la Fédération Nationale d’Aide aux Insuffisants Rénaux (FNAIR) et soutenue par les autorités sanitaires.

En France, on estime que six millions de personnes souffrent d’une atteinte rénale, souvent sans le savoir.

Cela représente donc un potentiel important d’emprunteurs qui peuvent avoir des difficultés à obtenir un crédit à cause de l’assurance de leur prêt.

Courtier spécialisé dans les risques aggravés de santé (nous contacter), nous profitons de la Semaine Nationale du Rein 2025, pour faire un point sur ce qu’il convient de savoir quand on souscrit une assurance de prêt immobilier avec une maladie rénale.

Vous saviez que le refus de garantie ITT étant fréquent pour les insuffisants rénaux  et que la banque exigeait cette couverture pour accorder le crédit ?

Voyons les autres éléments à connaître.

Qu’est-ce qu’une maladie rénale ?

Les maladies rénales regroupent un ensemble de pathologies affectant les reins, organes vitaux qui filtrent les déchets et l’excès de liquide du sang. Lorsque leur fonctionnement est altéré, les conséquences peuvent être graves : insuffisance rénale chronique, déséquilibres électrolytiques, hypertension, et à terme, besoin de dialyse ou transplantation rénale.

Parmi les maladies rénales les plus fréquentes, on retrouve :

  • L’insuffisance rénale chronique (IRC) : une altération progressive et irréversible des fonctions rénales.
  • La polykystose rénale : maladie génétique caractérisée par la formation de multiples kystes dans les reins.
  • La maladie de Berger (ou néphropathie à IgA) : inflammation du rein due à un dépôt anormal d’anticorps.

Des symptômes parfois silencieux

L’un des aspects les plus préoccupants des maladies rénales est leur caractère asymptomatique aux stades précoces. Selon la Fédération internationale du rein, jusqu’à 90 % des personnes atteintes d’insuffisance rénale légère à modérée l’ignorent.

En France, la prévalence de l’insuffisance rénale chronique modérée à sévère est estimée à 10 % chez les adultes, avec des pics à plus de 20 % chez les plus de 70 ans. En 2022, plus de 90 000 patients étaient traités par dialyse ou greffe rénale.

Facteurs de risque et populations vulnérables

Les principaux facteurs de risque incluent :

  • Le diabète de type 2, responsable de 40 % des cas d’insuffisance rénale terminale.
  • L’hypertension artérielle.
  • L’obésité et le syndrome métabolique.
  • Les antécédents familiaux (notamment pour la polykystose rénale).
  • Certaines infections urinaires répétées ou prises prolongées de médicaments néphrotoxiques (anti-inflammatoires, antibiotiques…).

Les populations les plus vulnérables sont les personnes âgées, les patients diabétiques ou hypertendus, ainsi que les personnes issues de milieux défavorisés, souvent moins suivies médicalement.

Des impacts sur la vie personnelle et professionnelle

Les maladies rénales ont un impact significatif sur la qualité de vie et la capacité de travail. Selon la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), un patient atteint d’insuffisance rénale terminale a en moyenne une durée d’arrêt de travail annuelle de 90 jours. Pour les patients dialysés, cette durée peut atteindre 150 jours.

La fatigue chronique, les effets secondaires des traitements, les rendez-vous médicaux fréquents compliquent la vie professionnelle. Certains patients bénéficient d’un aménagement de poste ou d’une reconnaissance en tant que travailleur handicapé.

Les différents types de traitements

Les soins varient selon le stade de la maladie :

  • Stades précoces : contrôle des facteurs de risque (diabète, hypertension), régime alimentaire adapté, suivi néphrologique.
  • Stades avancés : initiation de la dialyse (hémodialyse ou dialyse péritonéale) ou inscription sur liste de greffe rénale.
  • Polykystose rénale : surveillance régulière, traitements antihypertenseurs, parfois intervention chirurgicale en cas de complications.

Les protocoles de soins ont évolué ces dernières années. On note une plus grande individualisation des traitements, l’usage de médicaments néphroprotecteurs comme les inhibiteurs du SGLT2 (initialement utilisés pour le diabète), et un recours accru à la téléconsultation pour le suivi des patients stables.

Recherche et avancées médicales récentes

Les dernières études médicales (publiées notamment dans The Lancet Nephrology et Kidney International) confirment l’efficacité des inhibiteurs du SGLT2 (dapagliflozine, empagliflozine) pour ralentir la progression de l’IRC, même chez les non-diabétiques.

D’autres essais cliniques portent sur :

  • La thérapie génique pour la polykystose rénale.
  • Les anticorps monoclonaux ciblant les dépôts d’IgA dans la maladie de Berger.
  • L’intelligence artificielle pour détecter précocement les anomalies rénales sur les bilans biologiques.

L’importance du dépistage

La prévention est le levier principal pour enrayer la progression des maladies du rein. Elle repose sur plusieurs axes :

  • Dépistage précoce par une simple prise de sang (créatininémie) et analyse d’urine (protéinurie).
  • Éducation thérapeutique du patient.
  • Suivi régulier des patients à risque (diabétiques, hypertendus).
  • Promotion d’un mode de vie sain : alimentation équilibrée, activité physique, hydratation suffisante, limitation de la consommation de sel, arrêt du tabac.

La campagne 2025 de la Journée mondiale du rein insiste sur le slogan “Connaître ses reins, c’est préserver sa vie”, incitant chacun à faire contrôler sa fonction rénale au moins une fois par an.

De nombreuses associations jouent un rôle fondamental dans l’accompagnement des patients, la sensibilisation et la recherche :

  • France Rein (anciennement FNAIR) accompagne les patients dialysés et greffés, organise des campagnes de dépistage gratuit et milite pour une meilleure reconnaissance du handicap rénal.
  • AIRG-France (Association pour l’information et la recherche sur les maladies génétiques rénales) soutient les malades atteints de polykystose et favorise la recherche sur les maladies rares.
  • La Fondation du Rein, quant à elle, finance des projets de recherche innovants et mène des actions de prévention dans les écoles, les entreprises et les collectivités.

 

Des refus de garanties d’assurance fréquents pour l’insuffisance rénale et la polykystose

Lorsque vous devez emprunter pour votre résidence principale, la banque vous vous demander une assurance emprunteur couvrant le décès mais aussi l’incapacité et l’invalidité.

On évoquera un contrat décès PTIA IPT ITT.

ITT et IPT signifient incapacité temporaire totale et invalidité permanent totale.

Sans ces garanties dans votre assurance emprunteur, l’établissement bancaire est en droit de vous refuser le prêt immobilier pour garanties d’assurance insuffisantes.

Si vous avez évoqué votre insuffisance rénale ou votre polykystose, votre banquier vous a peut-être indiqué que vous auriez droit à la convention AERAS sans même comprendre la portée de ce dispositif.

Votre conseiller bancaire n’a qu’un objectif et il est simple, vous vendre son contrat pour réaliser une marge commerciale. Vous lui auriez dit que vous aviez eu des calculs rénaux il y a 5 ans ou une grippe la semaine dernière, sa réponse aurait été la même, vous avez droit à la convention AERAS.

Avant même de souscrire votre contrat sachez :

Or, le principe du dispositif AERAS est de trouver des solutions en cas de refus d’assurance, pas d’intervenir sur le refus d’une partie des garanties.

Il y a donc un décalage entre ce que veut la banque et ce que peut apporter la convention AERAS.

Notre conseil sera donc de chercher une assurance emprunteur qui peut vous accorder les garanties incapacité invalidité avant même de vous rendre à la banque.

Cela vous évitera de vous retrouver le bec dans l’eau quand votre banquier s’apercevra que la convention AERAS ne solutionne pas votre dossier contrairement à ce qui était indiqué sur son mémo assurance.

Risque aggravé = convention AERAS mais pas forcément accord des garanties notées dans la simulation de prêt.

Des impacts sur le prix à ne pas négliger

Il vous faut donc trouver un interlocuteur maitrisant son sujet mais aussi les leviers à activer en amont de la simulation de prêt si vous ne souhaitez pas que les surprimes vous coûtent trop cher.

Les comparateurs d’assurances vous disent qu’il faut comparer les prix.

En tant que courtier spécialiste de l’assurance emprunteur, je vous péciserai que comparer les tarifs ne doit pas supprimer l’étape de la réflexion.

Si vous ne respectez pas l’ordre des choses, vous allez le payer dans votre cotisation à un moment où à un autre.

Ne serait ce qu’en choisissant une banque A ou une banque B, dites vous qu’avec le même contrat d’assurance, il y aura à la fin (après étude de votre questionnaire médical) un écart de prix de 15%. Vous payerez donc soit 20000€ soit 17000€.

Alors on fait toujours un dossier en ligne avec une plateforme et on suit ce qu’indique le conseiller bancaire ou le courtier immobilier ou on prend un avis extérieur avant de lancer les démarches pour le prêt immobilier ?

 

Quels sont les dispositifs pour emprunter avec une maladie des reins ?

Vous l’aurez compris, pour emprunter, il faut obtenir une assurance emprunteur puisque la banque la demande de manière obligatoire.

Étant donné que dans un maximum de cas, il faudra essayer d’obtenir la couverture ITT, des dispositifs vous permettront de contourner la problématique du questionnaire médical ou d’avoir une aide.

Un questionnaire médical supprimé par la loi Lemoine.

La Loi Lemoine a interdit aux organismes d’assurance de demander des éléments santé aux emprunteurs qui :

  • Empruntent moins de 200 000€
  • Finissent leur emprunt avant leurs 60 ans.

Ces deux conditions seront cumulatives. En n’ayant pas à déclarer de pathologies rénales dans un questionnaire santé, le médecin conseil ne vous demande pas non plus si vous avez eu une greffe de rein, une néphropathie ou encore la maladie de Berger.

En revanche si vous ne pouvez pas bénéficier de la Loi Lemoine, prenez garde à bien informé l’assureur de votre affection rénales car sinon votre mensonge pourra vous coûter cher. Je ne parle pas ici de votre cotisation mais bien des conséquences de votre omission.

Alors oui, il faudra à ce moment-là fournir des éléments médicaux de type analyse de sang et/ou certificat du néphrologue. Oui ce sera plus long et oui vous pourrez avoir des refus, des exclusions et des surprimes.

C’est pour cela qu’il ne faut pas considérer l’assurance groupe de votre banque comme un contrat qui donne la tendance. D’autres organismes et notamment les assureurs alternatifs pourront faire preuve d’une meilleure connaissance de votre pathologie.

La délégation d’assurance

Souscrire une délégation d’assurance constitue le fait de prendre votre assurance en dehors de la banque.

C’est un marché où vous retrouverez une multitude d’offres.

Comme dit précédemment et si l’on parle de l’insuffisance rénale, de la Maladie de Berger ou encore de la polykystose, 75% des offres ne vous accorderont pas l’intégralité des garanties.

Mais la construction même d’une assurance individuelle (Vs contrat groupe de la banque) est de savoir prendre en compte une multitude de facteurs.

Avant même votre questionnaire santé, la compagnie pour fixer votre tarif prendra en compte :

  • Votre âge
  • Votre métier
  • Votre durée d’emprunt
  • Regardera si vous fumez ou pas
  • Le nombre de kilomètres que vous parcourez à titre professionnel
  • Votre statut (cadre, profession libérale, artisan, …)

Vous aurez ainsi un taux d’assurance sur mesure et en moyenne 30% moins cher que celui de votre banque.

Sur le côté médical, l’approche sera identique avec l’utilisation de statistiques beaucoup plus fines sur votre affection rénale.

Cela aura pour effet, pour des compagnies spécialisées, de pouvoir accorder des couvertures que d’autres refuseront dans la majorité des cas.

Il faut donc s’orienter vers des assurance emprunteur dites alternatives et avoir un guide pour savoir comment procéder pour avoir la meilleure couverture.

Si votre banquier vous a indiqué qu’il fallait attendre la décision du médecin conseil de sa compagnie pour étudier les possibilités de délégation d’assurance, c’est faux et de plus illégal.

Là aussi c’est noté sur son mémo assurance mais la convention AERAS et la connaissance de l’assurance emprunteur avec un risque spécifiques c’est des années d’expérience. Ça ne tient pas sur un post it réalisé par le service marketing….

Les niveau 2 et 3 de la convention AERAS

La convention AERAS (S’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) est un dispositif d’état destiné à faciliter l’accès à l’assurance emprunteur et au crédit pour les personnes présentant ou ayant présenté un problème de santé.

Elle fonctionne selon trois niveaux d’examen, en fonction du risque médical.

Vous y avez droit si :

  • Vous empruntez moins de 420 000€ pour un projet immobilier ou professionnel
  • Vous finissez de rembourser l’emprunt avant votre 71ème

Quand on déclare une maladie des reins, ce sont principalement les niveaux 2 et 3 qui ont un intérêt. Votre dossier sera en effet généralement refusé au niveau 1.

Niveau 2 : Examen spécialisé Niveau 3 : Pool des risques très aggravés
Quand intervient-il ? Après un refus au niveau 1 (examen standard) Après un refus au niveau 2
Qui examine votre dossier médical ? Service médical spécialisé de l’assureur ou partenaire Comité d’experts médicaux indépendants (“pool des risques”)
Type de situation Risque aggravé de santé, mais potentiellement assurable Risque très aggravé, cas complexes de santé
Conditions d’accès Montant, durée et âge dans les plafonds définis Idem
Objectif Proposer une assurance avec conditions spécifiques (surprime, exclusions) Trouver une solution d’assurance au cas par cas
Délai de réponse du médecin conseil Entre 1 et 2 semaines De 3 à 5 semaine maximum imposé par la convention AERAS
Décision possible * Acceptation avec surprime ou exclusions

* Refus

* accord décès PTIA avec surprime

* Refus d’adhésion

 

Le fait que l’on vous bascule au niveau 2 ou 3 ne sera pas fait sur des facteurs identiques selon l’assureur.

Il est fréquent que la banque bascule votre dossier au niveau 3 alors alors que chez un courtier risque aggravé vous obtiendrez un accord de niveau 2.

La convention AERAS impose une façon de traiter les dossiers avec risque aggravé mais ensuite chaque assureur est libre de sa décision.

Ce texte apportera également la possibilité que votre surprime soit plafonnée si le taux d’assurance dépasse 1.40% dans le taux global de l’emprunt. Si vous avez moins de 35 ans et faite un PTZ, le montant de la surprime sera pris en charge par AERAS.

Du côté bancaire et uniquement en cas de refus d’assurance au niveau 3, la banque aura l’obligation d’étudier des alternatives pour remplacer la garanties d’assurance :

  • Hypothèque
  • Caution d’un tiers
  • Prévoyance décès que vous auriez souscrit en amont du crédit

Pouvoir emprunter quand on souffre d’une atteinte rénale se résumera bien souvent à trouver une assurance emprunteur. Du moins cela se résume en partie à cela.

Néanmoins lorsque certains emprunteurs nous contacte pour changer d’assurance emprunteur après avoir obtenu leur emprunt, ils prennent conscience que si ils avaient été mieux conseillé pendant leur demande d’emprunt, il n’aurait pas autant de cotisation à payer.

Bien souvent leur motivation sera de trouver une assurance qui puisse couvrir les suites ou conséquences de leur IRC ou de leur maladie de Berger. Nous solliciterons alors les compagnies qui ont accepté des insuffisants rénaux ou de emprunteurs ayant une polykystose.

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