Comment emprunter quand on est en situation d’obésité en 2025 ?

Geoffroy Roques, courtier en assurance emprunteur
Mis à jour le 4 mars 2025

Sommaire
Changer d’assurance emprunteurChaque année, le 4 mars marque la Journée mondiale de l’obésité, une occasion de sensibiliser le public aux causes, conséquences et solutions de cette maladie qui touche des millions de personnes dans le monde. Côté conséquence, nous aborderons en tant de courtier assurance emprunteur, la difficulté qui peut exister pour accéder au crédit immobilier. L’obésité est bien plus qu’une question d’apparence, elle est un facteur de risque majeur pour de nombreuses maladies chroniques qui complexifie l’obtention de l’assurance emprunteur (Cf : assurance de prêt quand on est en surpoids).
L’obésité est définie par une accumulation excessive de graisse corporelle qui peut nuire à la santé. L’Indice de Masse Corporelle (IMC) est l’outil de mesure le plus couramment utilisé pour évaluer le surpoids et l’obésité. Il se calcule en divisant le poids (en kg) par la taille au carré (en m²). Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) :
- Un IMC entre 25 et 29,9 indique un surpoids.
- Un IMC de 30 ou plus définit l’obésité.
Bien que l’IMC soit un indicateur utile, il ne prend pas en compte la répartition de la masse grasse ni la composition corporelle, ce qui peut nécessiter des évaluations complémentaires comme le tour de taille ou l’analyse de la masse grasse.
L’obésité et la situation de surpoids ont connu une augmentation spectaculaire au cours des dernières décennies. Selon l’OMS, le nombre de cas d’obésité a triplé depuis 1975. En 2022, plus de 1 milliard de personnes dans le monde étaient obèses, y compris 159 millions d’enfants. Dans certains pays, l’obésité infantile est devenue une crise sanitaire inquiétante.
En France, environ 17 % des adultes sont obèses et près de la moitié de la population est en surpoids. Ces chiffres soulignent l’urgence d’une action concertée pour prévenir et gérer cette condition.
L’obésité est une maladie multifactorielle influencée par plusieurs éléments :
- Facteurs alimentaires : Consommation excessive de calories, aliments ultra-transformés, excès de sucres et de graisses.
- Mode de vie sédentaire : Manque d’activité physique dû à un mode de vie plus axé sur les écrans et les déplacements motorisés.
- Facteurs génétiques : Certaines prédispositions familiales peuvent favoriser la prise de poids.
- Facteurs psychologiques : Stress, anxiété et troubles alimentaires (hyperphagie, grignotage émotionnel).
- Environnement socio-économique : Difficulté d’accès à une alimentation saine, influence de la publicité, manque d’éducation nutritionnelle.
Face à ce que l’on peut qualifier d’épidémie, plusieurs stratégies peuvent être mises en place :
- Adopter une alimentation équilibrée : Favoriser les fruits, légumes, protéines maigres et céréales complètes tout en réduisant les sucres et les graisses saturées.
- Augmenter l’activité physique : L’OMS recommande au moins 150 minutes d’exercice modéré par semaine.
- Interventions médicales et chirurgicales (sleeve, by pass, …) : Dans les cas sévères, des traitements médicamenteux ou la chirurgie bariatrique peuvent être envisagés.
De nombreuses recherches récentes se concentrent sur la biologie de l’obésité. Par exemple, des études sur le microbiote intestinal montrent que l’équilibre des bactéries intestinales joue un rôle important dans la régulation du poids. Par ailleurs, des thérapies géniques et de nouveaux médicaments comme les agonistes du GLP-1 (ex. : sémaglutide) montrent des résultats prometteurs pour aider à la perte de poids durable.
L’obésité est une maladie qui peut rendre plus difficile l’assurance de crédit immobilier. En effet l’obtention d’une assurance emprunteur comprenant les garanties demandées par la banque se doit d’être anticipé.
Peut emprunter quand on est en situation de surpoids ? Quels sont les leviers à utiliser sur l’assurance emprunteur si on est en surcharge pondérale ? Comment utiliser la convention AERAS pour limiter le montant de la surprime ?
Faisons le point.
Un emprunteur en situation d’obésité peut-il accéder au crédit immobilier ?
Une personne en situation d’obésité peut rencontrer plusieurs difficultés pour obtenir un prêt immobilier, principalement en raison des exigences des assureurs en matière d’assurance emprunteur. Cette assurance, indispensable pour la plupart des banques, peut-être plus coûteuse ou même refusée en fonction du profil médical de l’emprunteur.
Si la banque demande une assurance, elle demande aussi des garanties complètes (décès PTIA IPT ITT). Le refus ITT est une des décisions les plus fréquentes à partir d’un certain seuil d’IMC.
Un risque aggravé de santé sur l’assurance emprunteur
L’assurance emprunteur repose sur une évaluation du risque de santé de l’assuré. Pour cela, l’assureur demande systématiquement un questionnaire de santé dans lequel doivent être indiqués le poids et la taille de l’emprunteur. Ces informations permettent de calculer l’indice de masse corporelle (IMC), qui est un critère déterminant dans la tarification de l’assurance. Dès que l’IMC dépasse 30, la personne est considérée en situation d’obésité modérée. À partir de ce seuil, de nombreux assureurs appliquent des surprimes. Si l’IMC dépasse 35 (obésité sévère), les refus de garanties, notamment sur l’incapacité temporaire de travail (ITT), sont plus fréquents.
L’impact de l’obésité sur le coût de l’assurance
Les surprimes peuvent fortement augmenter le coût de l’assurance de prêt. Par exemple, un emprunteur avec un IMC supérieur à 35 peut voir le prix de son assurance multiplié par 1,5 voire 2 en raison des risques accrus de maladies cardiovasculaires, de diabète ou d’autres pathologies associées à l’obésité. Dans certains cas, si le montant de surprime est trop élevé, elle peut faire dépasser le taux d’usure fixé par la Banque de France, rendant ainsi impossible l’accord de l’emprunt par la banque.
Le refus de certaines garanties et ses conséquences sur l’accord d’emprunt
Une des principales complications vient du fait que certains assureurs refusent d’accorder certaines garanties aux personnes obèses, notamment l’ITT, qui couvre les arrêts de travail de longue durée ou l’invalidité (IPT, IPP). Or, pour accorder un prêt, les banques exigent généralement que l’assurance couvre le décès, la perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA), l’invalidité (IPT) et l’ITT. Si l’assureur refuse l’ITT, la banque peut refuser le crédit, considérant que l’emprunteur n’a pas de couverture assurance suffisante au regard de la politique de risque de l’établissement bancaire.
Des solutions existent, mais nécessitent de l’anticipation
Face à ces difficultés, il est recommandé d’anticiper et de comparer les offres d’assurance avant de faire votre demande de prêt immobilier. Tous les assureurs n’ont pas les mêmes critères d’acceptation : certains acceptent des IMC plus élevés sans appliquer de surprimes trop importantes. Il est souvent conseillé de passer par un courtier spécialisé en risques aggravés pour identifier l’assureur le plus adapté.
Une autre alternative peut être la loi Lemoine, qui permet de souscrire une assurance sans questionnaire de santé, mais seulement si la part assurée du crédit est inférieure à 200 000 euros et si le prêt est remboursé avant l’âge de 60 ans.
Enfin, si l’emprunteur a subi une chirurgie bariatrique (bypass, sleeve), il devra en informer l’assureur, ce qui peut entraîner un ajournement temporaire de la décision ou, au contraire, améliorer les conditions d’assurance si la perte de poids est significative.
Quelles solutions pour trouver la meilleure assurance emprunteur en cas de surpoids ?
Obtenir une assurance emprunteur lorsque l’on est en surpoids ou en situation d’obésité peut nécessite une stratégie pour limiter les surprimes et éviter un refus de garantie ITT.
Anticiper la recherche d’assurance
L’anticipation est essentielle. Dès le début du projet immobilier, il est conseillé de comparer les offres d’assurance afin d’identifier les assureurs les plus favorables aux emprunteurs en surpoids. Il ne faut pas attendre que la banque impose son contrat groupe, car ces contrats sont souvent moins adaptés aux profils présentant un risque aggravé de santé. De plus, ils contiennent pour la plupart des carences (restrictions sur les affections dorsales et psychiques, absence de couverture en cas d’invalidité partielle, arrêt des prestations IPT à 65 ans, ….)
Dès que l’on sait que l’on va souscrire un prêt, il faut donc commencer à chercher une assurance, quitte à constituer plusieurs dossiers auprès de différentes compagnies pour maximiser ses chances d’obtenir un contrat à un tarif raisonnable.
Passer par un courtier spécialisé
Les courtiers spécialisés en risques aggravés (nous contacter) disposent d’une connaissance approfondie des grilles d’acceptation des différents assureurs. Ils peuvent orienter l’emprunteur vers une compagnie qui appliquera des surprimes modérées ou qui acceptera plus facilement de couvrir l’incapacité temporaire de travail (ITT) et l’invalidité permanente totale (IPT).
Un courtier pourra aussi conseiller sur les documents à fournir (bilan médical, analyses de sang, questionnaire surcharge pondérale, etc.) afin d’optimiser la présentation du dossier auprès de l’assureur et d’éviter un refus automatique.
Vous pouvez aussi le solliciter une fois que la banque a refusé votre dossier ou des garanties qu’elle vous indique comme obligatoire. L’avantage du courtier risque aggravé est principalement le gain de temps et d’argent puisqu’il y aura certainement plus milliers de cotisation d’assurance en plus ou en moins selon l’offre d’assurance sélectionnée.
Opter pour la délégation d’assurance
Grâce à la loi Lagarde, il est possible de choisir une assurance emprunteur autre que celle proposée par la banque. La délégation d’assurance permet d’accéder à des contrats individualisés, souvent plus avantageux en termes de tarifs et de couverture. Les assureurs externes proposent souvent des conditions plus souples en cas d’obésité sévère ou morbide.
Le tarif de base avant étude du questionnaire santé étant parfois 30 à 50% moins cher que le contrat groupe bancaire, les montants de cotisation lié à la surprime y seront moins importants.
A partir de 45 ans, les problèmes de taux d’usure sont plus fréquents. En sélectionnant une délégation par le biais d’un courtier spécialisé en risque aggravé, vous optimiserez la solution trouvée.
Vérifier l’éligibilité à la loi Lemoine pour ne pas avoir de questionnaire médical à remplir
La loi Lemoine, entrée en vigueur en 2022, permet dans certains cas d’éviter le questionnaire médical et donc de ne pas déclarer son surpoids. Pour en bénéficier, il faut que la part assurée du crédit ne dépasse pas 200 000 € par assuré et que le prêt soit entièrement remboursé avant le 60e anniversaire de l’emprunteur. Si ces conditions sont remplies, l’assurance ne pourra pas appliquer de surprime ni refuser certaines garanties en raison du surpoids.
En effet sans questionnaire santé, vous contourner la problématique d’accès l’assurance emprunteur. Cette solution est donc à privilégier si vous êtes jeune ou emprunter sur une courte durée (10 ans, 15 ans, …)
Comparer les grilles d’acceptation médicales
Tous les assureurs ne traitent pas l’IMC de la même manière. Certains commencent à appliquer des surprimes dès un IMC de 30, tandis que d’autres ne le font qu’au-delà de 35. De plus, certains assureurs peuvent refuser l’ITT pour un IMC de 37 alors que d’autres l’acceptent jusqu’à 40 ou plus. Comparer ces grilles d’acceptation médicale permet d’identifier les compagnies les plus favorables selon on profil.
Ces grilles peuvent varier si en complément d’un IMC élevé, vous déclarer une hypertension, un diabète ou une cardiopathie
Comment utiliser la convention AERAS pour limiter la surprime en 2025 ?
La convention AERAS (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) a été mise en place pour faciliter l’accès à l’assurance emprunteur aux personnes présentant un risque de santé aggravé, dont les emprunteurs en situation de surpoids ou d’obésité. Ce dispositif permet d’étudier leur dossier à plusieurs niveaux afin de maximiser leurs chances d’obtenir une couverture.
Ce dispositif permet aussi de bénéficier d’un mécanisme d’écrêtement de surprime qui sera particulièrement intéressant à partir du moment où l’IMC est élevé.
Lorsqu’un emprunteur ne peut pas obtenir d’assurance aux conditions standards en raison de son état de santé, son dossier peut être automatiquement étudié à travers trois niveaux d’analyse successifs :
- Niveau 1 : l’étude standard
L’assureur analyse le questionnaire de santé de l’emprunteur et décide s’il peut l’assurer sans surprime ni exclusion. En cas de surpoids ou d’obésité, il peut appliquer une surprime ou refuser certaines garanties comme l’ITT. Si l’assureur ne peut pas proposer une couverture standard, le dossier passe au niveau 2.
- Niveau 2 : étude approfondie par l’assureur
Si le dossier est jugé trop risqué pour une acceptation standard, il est transmis à un service médical interne à l’assureur qui effectue une analyse plus poussée. Il peut demander des examens complémentaires (bilan sanguin, questionnaire surcharge pondérale, etc.) pour évaluer l’impact du surpoids sur la santé. Si le risque est toujours considéré comme trop élevé, l’étude passe au niveau 3.
- Niveau 3 : réexamen par un pool d’assureurs spécialisés
Si le dossier est refusé au niveau 2, il est transmis à un groupe d’assureurs spécialisés qui évaluent collectivement la possibilité d’assurer l’emprunteur. Ce niveau est mis en place pour éviter les refus systématiques et proposer des solutions adaptées.
Le médecin conseil de la compagnie d’assurance prendra sa décision à partir d’éléments statistiques. Il évaluera les risques de décès, d’invalidité et d’arrêt de travail sur la durée du crédit immobilier.
Pour cela il prendra en compte les risques que présente une obésité de développer certaines affections :
- Maladies cardiovasculaires : Hypertension, infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux.
- Diabète de type 2 : L’obésité est le principal facteur de risque de cette maladie métabolique.
- Troubles musculo-squelettiques : Arthrose, douleurs articulaires.
- Problèmes respiratoires : Apnée du sommeil, asthme.
- Cancers : Augmentation du risque de cancers du sein, colorectal et du pancréas.
- Conséquences psychologiques : Dépression, faible estime de soi, stigmatisation sociale.
Selon le risque et notamment votre IMC actuelle, il communiquera sa décision et le niveau de surprime. Ce niveau de surprime oscillera entre 25% et 200%. Il pourra être plus faible sur les garanties décès PTIA et plus élevée sur les couvertures IPT IPP et ITT.
Sur ce dernier point le texte de la convention AERAS va pouvoir être utiliser.
Le mécanisme d’écrêtement selon le revenu 2025 ou l’âge
L’un des principaux avantages de la convention AERAS quand on est en situation d’obésité est l’écrêtement de surprime. Ce dispositif permet de limiter le coût de l’assurance pour les emprunteurs aux revenus modestes.
Ce mécanisme intervient lorsque la surprime appliquée par l’assureur dépasse 1,40% dans le taux global d’emprunt.
Si c’est le cas, vous allez pouvoir transmettre votre dernier avis d’imposition à l’assureur afin qu’il prenne en compte vos revenus et le nombre de parts fiscales de votre foyer.
En 2025, voici les revenus qui permettront de bénéficier de l’écrêtement de surprime :
- 47100€ (soit 1 fois le Plafond annuel de sécurité sociale en 2025) si vous avez une seule part fiscale.
- 58875€ € (soit 1,25 fois le PASS en 2025) si vous avez entre 1.5 et 2.5 parts fiscales.
- 70 650€ (soit 1,5 fois le PASS en 2025) si vous 3 parts fiscales ou plus
Les parts fiscales dépendront du fait que vous soyez marié ou pacsée et de votre nombre d’enfant.
Dans le cas d’un prêt à taux zéro (PTZ), la surprime sur cette partie du crédit sera totalement prise en charge par AERAS si vous avez moins de 35 ans.
Retenez que si vous avez souscrit l’assurance de la banque par manque de temps, la Loi Lemoine permet de changer d’assurance emprunteur à tout moment.
Vous pourrez donc réduire votre tarif et améliorer vos conditions d’assurance même après le déblocage de fonds.
Vous souhaitez souscrire votre assurance emprunteur ou changer de contrat ? Vous souhaitez être accompagné et conseiller par un courtier spécialiste de l’assurance de prêt
