Neuropathie et assurance emprunteur

Geoffroy Roques, courtier en assurance emprunteur
Mis à jour le 6 mai 2025

Sommaire
Besoin d'une solution AERAS ?Une neuropathie est un terme qui caractérise l’ensemble des affections du système nerveux périphérique.
En France, elle est fréquente chez les plus de 60 ans. Jusqu’à 50 % des diabétiques en souffrent après 10 ans de maladie. Selon la Société française de neurologie, environ 30 % des neuropathies restent sans cause précise. Si cela complique leur prise en charge sur l’aspect santé, cela rend aussi plus complexe l’accès à une assurance de prêt immobilier.
Avec un risque élevé d’’exclusion et de surprime, la neuropathie rentrera dans la catégorie des risques aggravés de santé. Souscrire dans le cadre de la convention AERAS ne sera pas le seul point à prendre en compte si vous souhaitez obtenir un accord de crédit.
Si votre neuropathie est liée à une complication du diabète, vous pourrez approfondir la problématique en parcourant l’article dédié.
Vous anticipez un problème d’assurance emprunteur ? Vous avez besoin de conseil ? Vous avez une exclusion de garantie ? un refus ? une surprime ? Votre dossier est urgent ?
Que sait-on sur cette affection du système nerveux périphérique ?
Avant de passer à la partie adhésion à une assurance emprunteur, voyons les aspects santé qui seront pris en compte par un médecin conseil d’assurance emprunteur.
Les symptômes de la neuropathie
La neuropathie provoque des sensations anormales dans les membres : picotements, engourdissements, douleurs électriques ou brûlures. Les pieds sont souvent les premiers touchés, puis les mains. Certains patients ressentent une perte de sensibilité qui complique la marche ou l’usage des objets. D’autres ressentent des douleurs intenses sans cause apparente. Dans les cas plus avancés, des troubles digestifs, urinaires ou cardiaques peuvent survenir si les nerfs internes sont atteints.
La neuropathie peut ainsi impacter la vie quotidienne et le sommeil. Les sensations deviennent dérangeantes, voire handicapantes. Mieux vaudra consulter rapidement dès l’apparition de symptômes inhabituels pour éviter une dégradation du nerf.
Le diagnostic de la neuropathie
Diagnostiquer une neuropathie nécessite d’écouter le patient, d’observer les symptômes et de procéder à des tests adaptés. Le médecin évalue la sensibilité, les réflexes et la coordination. Un électromyogramme (EMG) est souvent utilisé pour analyser l’activité des nerfs et des muscles.
En parallèle, des analyses sanguines permettent de rechercher une origine : diabète, alcoolisme, infection ou carence. En cas de doute, des examens plus poussés comme une IRM ou une biopsie peuvent être réalisés. Le diagnostic est parfois complexe car les signes sont variés. Une évaluation complète aide à poser un nom sur la maladie et à proposer un traitement ciblé.
Le traitement de la neuropathie
Soigner une neuropathie, c’est d’abord traiter sa cause. Pour une neuropathie liée au diabète, un bon équilibre glycémique est fondamental. Des compléments sont utiles en cas de manque en vitamines. Les douleurs sont atténuées par des traitements spécifiques : médicaments anti-douleur, crèmes ou patchs, mais aussi thérapies physiques comme la stimulation nerveuse. Des exercices réguliers permettent de conserver une bonne mobilité.
En complément, un suivi psychologique peut aider à mieux vivre avec la douleur chronique. Le traitement est souvent sur le long terme. Une prise en charge globale, individualisée et bien coordonnée permet d’améliorer nettement la qualité de vie.
La souscription de l’assurance emprunteur avec une neuropathie
Souscrire une assurance emprunteur avec une neuropathie sera bien différent de la simple étape qui consiste à comparer les devis afin d’obtenir un taux moins élevé que celui de la banque.
Si vous procédez ainsi, vous serez le client idéal des comparateurs d’assurance.
Leur système est mis en place pour des emprunteurs qui pensent que ce contrat ne prévoit pas de difficultés ou de connaissances spécifiques.
Emprunter avec une neuropathie c’est prendre conscience qu’il va falloir obtenir les garanties exigées par la banque.
Avant de vous accorder l’assurance et l’ensemble des garanties, la compagnie vous demandera de compléter un questionnaire médical.
Après avoir indiqué votre neuropathie et ainsi éviter la fausse déclaration, vous devrez attendre les demandes complémentaires de l’assureur.
Bien souvent celui-ci vous demandera :
- Votre compte rendu de suivi neurologique
- Un questionnaire médical spécifique à faire compléter par votre médecin traitant
D’ordre général, ces demandes varieront selon qu’il s’agit :
- D’une polyneuropathie diabétique distale et symétrique (cas le plus fréquent)
- D’une neuropathie autonome
- D’une neuropathie focale
L’objectif pour le service médical sera de voir où vous vous situez dans sa grille d’acceptation médicale.
C’est en fonction de cet aspect que l’assureur déterminera s’il applique :
- Une surprime, c’est-à-dire une majoration du coût d’assurance
- Une exclusion de garantie, c’est-à-dire une limitation qui touche généralement les couverture IPT et ITT
- Un refus de garantie
- Un refus complet de l’assurance
Courtier spécialisé dans les risques aggravés de santé, notre métier consistera à vous orienter vers l’assureur le plus souple sur les cas de neuropathies.
Cela permettra d’obtenir des garanties qui pourront être refusées par l’assureur de la banque ou d’autre assureurs alternatifs.
La convention AERAS pour éviter les refus d’assurance de prêt immobilier
Pour limiter les refus d’assurance emprunteur en cas de risque aggravé de santé, il est essentiel de comprendre comment exploiter intelligemment la convention AERAS.
Ce dispositif ne garantit pas l’obtention d’un contrat, mais il impose un cadre aux assureurs et aux banques afin de favoriser l’accès au crédit pour les emprunteurs présentant un profil médical complexe.
Il sera typiquement adapté pour des emprunteurs souffrant de neuropathie puisque le risque de refus y est important.
Première étape : s’assurer que les conditions d’éligibilité sont réunies.
La convention AERAS s’applique uniquement aux emprunts dont la part assurée ne dépasse pas 420 000 € et dont le remboursement intervient avant les 71 ans de l’assuré. À partir du moment où une neuropathie est déclarée dans le questionnaire médical, le dossier est automatiquement orienté vers un processus d’étude en trois niveaux.
L’intérêt est de ne pas rester sur un premier refus. En cas de non-acceptation à un tarif standard (niveau 1), le dossier est réexaminé à un niveau supérieur, avec la possibilité de surprimes plafonnées ou de garanties spécifiques (comme la garantie invalidité spécifique AERAS).
Le niveau 3, quant à lui, mobilise un pool d’experts médicaux extérieurs à la compagnie initiale. Ce pool est constitué de réassureurs.
Pour optimiser ce parcours, il est conseillé de passer par un courtier spécialisé, capable d’anticiper les pratiques des assureurs et d’orienter le dossier vers les bons interlocuteurs.
En effet, votre neuropathie pourra occasionner des refus d’assurance au niveau 3 dans certaines compagnies et être accepté en niveau 2 dans d’autres avec en retour un accord décès PTIA.
C’est dans ce type de situation qu’un expert vous sera plus utile qu’un conseiller plateforme dont les connaissances terrain se limiteront à la partie administrative de votre dossier.
Si vous demandez à votre conseiller bancaire ou un conseiller de comparateur d’assurance si votre demande de prêt sera acceptée avec une seule couverture décès PTIA, la réponse ne sera pas évidente.
En effet pour les dossiers plus complexes, mieux vaudra s’adresser à des professionnels expérimentés.
Vous augmenterez les chances d’obtenir votre financement mais réduirez aussi votre TAEA.
D’expérience, mieux vaut faire en sorte de réduire sa surprime en amont que de compter sur le mécanisme d’écrêtement mis en place dans le cadre de la convention AERAS.
Comme toujours, l’anticipation reste la clé du succès alors n’attendez pas les premières difficultés pour avancer sur une offre en délégation.

