Arrêt maladie 2026 : nos conseils pour être bien garanti par votre assurance emprunteur

Geoffroy Roques, courtier en assurance emprunteur
Mis à jour le 16 avril 2026

Sommaire
Changer d’assurance emprunteurAu 9 avril 2026, le gouvernement vient de publier un dossier sur l’arrêt maladie en France et les différentes possibilités pour en réduire le coût.
Dans ce rapport, est mise en avant l’augmentation des arrêts maladie, mais aussi leur durée.
Si la maladie est bien la situation sur laquelle nous sommes tous égaux, il nous a paru important de vous rappeler que nous ne sommes pas tous couverts de la même manière.
Si vous avez souscrit un prêt immobilier, l’assurance emprunteur est le contrat qui a pour objectif de couvrir le risque maladie.
Rendue obligatoire par la banque, cette couverture permet que le prêt soit remboursé si votre arrêt dépasse la franchise indiquée sur le certificat d’adhésion.
Néanmoins, tous les contrats étant différents et l’équivalence de garantie étant insuffisante pour être correctement couvert, notre métier de courtier en assurance de prêt, a pour objectif d’aller comparer les conditions générales de vente afin de limiter les carences et donc les refus d’indemnisation.
Nous sommes donc partis du constat gouvernemental et des données de la Sécurité sociale pour vous rappeler les points importants que vous devez étudier avant de souscrire votre assurance emprunteur.
Ainsi que vous passiez par une délégation d’assurance ou un changement d’offre en cours prêt (Loi Lemoine pour résilier son assurance emprunteur à tout moment), vous pourrez opter pour un contrat plus couvrant.
Ce que constatent le gouvernement et la Sécurité sociale en 2026
Les prévisions de dépenses et de recettes sont à la base de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026
Les arrêts maladie explosent en France
Les chiffres sont clairs : en 2024, l’Assurance maladie a indemnisé 9,1 millions d’arrêts de travail. C’est 10 % de plus qu’en 2019.
Et le coût suit la même tendance. Les indemnités journalières versées atteignent 18 milliards d’euros en 2025, soit une hausse de 45 % en six ans. Une progression que le gouvernement lui-même qualifie d’insoutenable.
Qui est concerné ?
Tous les salariés sont touchés, mais certains profils ressortent davantage :
- Les seniors (plus de 50 ans) concentrent 42 % des indemnités journalières maladie versées
- Les jeunes de moins de 30 ans représentent désormais 12 % de ces indemnités, une part en forte hausse
- Les femmes sont également surreprésentées dans les statistiques d’absentéisme
La France se situe au 5e rang des pays de l’OCDE pour l’absentéisme au travail, avec près de 21 jours d’absence par an en 2024. Derrière l’Espagne, c’est la moins bonne performance parmi les grandes économies européennes.
Des arrêts plus longs et plus fréquents
Ce qui inquiète les pouvoirs publics, ce n’est pas seulement le nombre d’arrêts. C’est aussi leur durée.
Entre 2015 et 2024, le nombre d’arrêts de plus de trois mois a augmenté de 400 000. Dans le même temps, les arrêts courts et répétitifs progressent également.
Les arrêts de plus de six mois ne représentent que 7 % des cas… mais absorbent 45 % des dépenses totales.
Des causes multiples, mais pas toutes expliquées
Le gouvernement identifie plusieurs facteurs :
- La hausse des salaires (qui augmente mécaniquement le montant des indemnités)
- La croissance de la population salariée
- Le vieillissement des actifs
Mais ces facteurs n’expliquent que 60 % de la hausse. Les 40 % restants restent sans explication économique ou démographique claire. Le taux de recours aux arrêts maladie augmente à tous les âges, et les durées s’allongent.
Le rapport pointe également des durées de prescription souvent supérieures aux recommandations médicales. Pour les lombalgies communes par exemple, 71 % des jours prescrits dépassent la durée indicative de 5 jours fixée par la Haute Autorité de Santé.
Enfin, les comportements abusifs — des arrêts de travail non justifiés médicalement — sont reconnus comme une cause possible de la hausse, même s’ils restent difficiles à quantifier précisément.
Prévention et contrôle des arrêts maladies
Une mobilisation à grande échelle
Face à cette situation, le gouvernement et l’Assurance maladie ont décidé d’agir sur plusieurs fronts simultanément. L’objectif est clair : réduire le nombre d’arrêts de travail et maîtriser les dépenses d’indemnisation, sans remettre en cause la protection des salariés véritablement malades.
Mieux encadrer les prescriptions médicales
Dès le 1er septembre 2026, les règles changent pour les médecins prescripteurs :
- Un premier arrêt maladie ne pourra pas dépasser un mois
- Un renouvellement sera limité à deux mois
- Le motif de l’arrêt devra obligatoirement être renseigné
L’objectif est de garantir un suivi médical régulier et d’éviter les arrêts longs déconnectés de la réalité clinique du patient.
Par ailleurs, l’Assurance maladie propose désormais aux médecins des durées indicatives recommandées pour 82 situations cliniques, directement intégrées dans l’outil de prescription en ligne Ameli Pro.
Contrôler davantage, et mieux cibler
En 2025, près de 740 000 assurés ont été accompagnés ou contrôlés. Parmi les assurés convoqués devant un médecin-conseil, près d’un sur deux a repris le travail — contre un sur trois en 2023. Une amélioration significative qui témoigne d’un meilleur ciblage.
Les arrêts prescrits en téléconsultation sont désormais strictement encadrés : durée maximale de 3 jours, et interdiction pour les médecins exerçant à l’étranger de délivrer des arrêts sur le territoire français. Résultat : une baisse de 40 % du nombre d’arrêts prescrits par téléconsultation.
Responsabiliser les entreprises
Les employeurs sont également mis à contribution. Les entreprises présentant un taux d’absentéisme anormalement élevé pendant plusieurs années consécutives, et refusant tout accompagnement, feront l’objet d’un signalement au ministère du Travail.
Un espace dédié, disponible sur travail-emploi.gouv.fr, permet aux employeurs de réaliser un auto-diagnostic et d’accéder aux ressources de prévention adaptées.
Un nouveau service pour les médecins : SOS IJ
Le service SOS IJ (pour Indemnités Journalières) a été expérimenté en 2025. Il offre aux médecins libéraux un point de contact unique pour les situations d’arrêts complexes.
Les résultats sont encourageants : 95 % des réponses apportées en moins de 4 jours, et 90 % des médecins utilisateurs prêts à y recourir à nouveau. Le service sera généralisé à l’ensemble du territoire à partir de juin 2026.
Zoom sur les troubles psychiques et musculo-squelettiques
Des pathologies au cœur de l’explosion des arrêts longs
Parmi toutes les causes d’arrêt de travail de longue durée, deux catégories de pathologies concentrent une part disproportionnée des cas : les troubles psychiques (anxiété, dépression) et les troubles musculo-squelettiques (TMS), comme les lombalgies ou la sciatique.
Le rapport du gouvernement leur consacre une attention particulière.
Des arrêts de longue durée, souvent mal suivis
Le constat est préoccupant : de nombreux assurés bénéficient d’arrêts dérogatoires de longue durée — jusqu’à trois ans d’indemnisation — sans qu’un suivi médical sérieux ne soit mis en place en parallèle.
Quelques chiffres parlants :
- Près de 30 % des personnes en arrêt long pour troubles ostéo-articulaires n’ont eu aucun recours à un kinésithérapeute
- Leurs dépenses médicales en ville sont 2,5 fois inférieures à celles des patients en affection longue durée (ALD)
- Chaque année, on compte 6 000 renouvellements d’arrêts de 3 mois ou plus pour des TMS, et 18 000 pour des motifs psychiques
Ce que prévoit nos gouvernants
Pour y remédier, les pouvoirs publics souhaitent agir sur trois leviers :
- Des parcours de soins dédiés, avec une prise en charge graduée dès 60 jours d’arrêt pour ces pathologies spécifiques.
- Un deuxième avis médical systématisé : les médecins généralistes pourront solliciter l’avis d’un spécialiste — psychiatre ou rhumatologue — pour les situations complexes nécessitant un renouvellement d’arrêt long.
- Une réduction de la durée d’indemnisation maximale pour les arrêts dérogatoires, compensée par une meilleure prise en charge thérapeutique. L’objectif est de prévenir la désinsertion professionnelle, en accompagnant mieux le retour à l’emploi plutôt qu’en prolongeant indéfiniment l’arrêt.
Comment être bien couvert par son assurance emprunteur en cas de maladie ?
Lorsque la banque vous demande de souscrire une assurance de prêt immobilier, elle a tendance à vous proposer son assurance groupe.
Si le taux de l’assurance prêt bancaire a toute votre attention, vous omettez régulièrement de lire la notice d’information et parcourez au mieux la fiche standardisée d’information.
Résultat, vous ne prenez pas conscience des carences que l’on retrouve dans ces offres :
- Prestations incapacité / invalidité limitées à la perte de revenu (principe indemnitaire)
- Garanties ITT/IPT/IPP soumises à restrictions sur les affections dorsales et psychiques
- Absence de couverture si une maladie ne permet pas d’obtenir 66% d’invalidité
- Absence d’indemnisation si vous n’avez pas d’activité professionnelle au moment du sinistre
- Arrêt de la prestation arrêt de travail / invalidité lors du passage à la retraite
- ….
Si vous passez par un comparateur ADE, la promesse est une équivalence avec le contrat bancaire. Il n’y a donc pas d’audit précis de votre couverture et des possibilités d’amélioration de celle-ci.
Payer moins cher c’est bien, mais ce n’est pas l’objectif lorsque l’on a une assurance qui couvre un crédit sur une durée de 25 ans.
Envisagez une franchise inférieure à 90 jours
En cas d’ITT (incapacité temporaire totale) la prise en charge de vos mensualités de crédit intervient après un certain délai.
Ce délai est appelé délai de franchise.
Si les banques et les comparateurs d’assurance vous orientent régulièrement vers une franchise de 3 mois, il y a deux raisons :
- Sur l’assurance de prêt bancaire, il n’y a pas de possibilité de choisir la franchise
- Les comparateurs prévoient ce réglage informatique par défaut pour faire un copié-collé du contrat groupe sans prendre en compte votre souhait
Dans les faits, vous pourrez solliciter un courtier en assurance de prêt immobilier et choisir une franchise plus courte :
- 15 jours
- 30 jours
- 60 jours
Ainsi, le montant versé en cas d’arrêt maladie sera plus conséquent. Attention, certaines compagnies n’offrent cette possibilité que si vous êtes travailleur non salarié (profession libérale, artisan, commerçant, médecin, vétérinaire, chirurgien-dentiste, …).
Sélectionnez l’option MNO
L’option MNO est une garantie optionnelle que vous retrouverez dans la majorité des contrats proposés par les assureurs alternatifs (délégation d’assurance).
Cette option permet de supprimer les différentes conditions qu’il peut exister (opération, durée d’hospitalisation, …) si votre arrêt maladie est lié à :
- Une pathologie dorsale (hernie discale, lombalgie, sciatique, …)
- Une affection du psychisme (dépression, burn out, troubles bipolaires, syndrome d’épuisement professionnel, fibromyalgie, …)
Certains établissements bancaires rendront cette garantie obligatoire pour accepter votre demande de délégation d’assurance. Cela signifiera que leur offre prévoit une absence d’exclusion dorso psy. En cas de refus pour raison médicale, orientez-vous vers un courtier spécialisé en risque aggravé pour obtenir une solution.
Vous éviterez ainsi un refus de délégation d’assurance pour non-équivalence de garantie.
Cette option permettant que le prêt soit pris en charge si ces pathologies sont à l’origine de votre arrêt de travail, vous avez tout intérêt à cocher la case, même si la banque ne vous demande pas de remplir ce critère CCSF.
Préférez la surprime à l’exclusion ITT
Si vous ne rentrez pas dans le cadre de la Loi Lemoine (exonération du questionnaire médical), une sélection médicale sera faite sur l’assurance emprunteur.
Après avoir rempli votre questionnaire santé, le médecin-conseil sera en droit d’exclure certains risques médicaux.
Ce peut être le cas si vous déclarez :
- Une maladie auto immune
- Si vous êtes en ALD
- Si vous avez du diabète ou êtes en surpoids
- Si vous avez eu un cancer et ne rentrez pas dans le cadre du droit à l’oubli
- Si vous souffrez d’une RCH ou de la maladie Crohn
- Si vous avez une spondylarthrite ou souffrez de rhumatisme psoriasique
- Si vous avez eu un AVC
Si l’assureur exclut votre pathologie, cela signifie qu’en cas de rechute ou de récidive, vous ne serez pas indemnisé.
Si certains assureurs pratique une restriction d’ordre médical, d’autres pourront vous garantir moyennant un surcoût. La surprime pourra aussi varier d’un organisme à l’autre et la convention AERAS ne pourra ici pas intervenir.
En toute logique, mieux vaudra être assuré avec un surplus de cotisations, que de ne pas être garanti pour un risque déjà présent. Ici, rapprochez-vous d’expert pour être accompagné et sélectionné l’assureur adapté à votre maladie. Vous éviterez ainsi les pertes de temps et optimiserez le rapport qualité prix.
Couvrez le risque d’invalidité partielle
Dans nombre d’assurances de prêt bancaire, le risque d’invalidité partielle n’est pas couvert.
Si le croisement de votre taux d’invalidité fonctionnel et de votre taux d’invalidité professionnel entraine un taux final inférieur à 66%, la compagnie ne verse aucune prestation. C’est ce que constatent nombre d’emprunteurs lorsqu’ils se rendent sur un forum. Cette grosse carence passe sous silence lors de la souscription.
Les banquiers s’étendent peu sur le fonctionnement de leur assurance alors que les tribunaux rappellent régulièrement que le devoir de conseil ne se limite pas la remise de la notice d’information.
Pour couvrir le risque d’invalidité, deux garanties peuvent être souscrites dans le cadre de l’assurance emprunteur :
- La garantie IPT (invalidité permanente totale) : les échéances de crédit sont payées (ou le capital restant dû soldé si vous avez une quotité de 100%) si la maladie ou l’accident engendre un taux d’invalidité de plus de 66%. Cette garantie est systématiquement demandée par la banque pour accorder un financement de résidence principale.
- La garantie IPP (invalidité permanente partielle) : une partie des mensualités sont payées si la maladie ou l’accident occasionne un taux d’invalidité compris entre 33 et 66%.
La garantie IPP n’est pas toujours exigée par la banque. C’est notamment le cas si le contrat bancaire ne contient pas cette couverture.
Pour être bien assuré en cas de maladie, il est fortement recommandé de l’ajouter.
Si votre banquier n’accepte pas votre demande d’assurance externe (parfois par soi-disant manque de temps, alors que l’objectif est simplement de faire une marge complémentaire à celle du taux de crédit), faites-lui un mail avec le devis d’assurance externe intégrant la garantie IPP.
Ainsi, en cas de pépin de santé, si vous n’êtes pas indemnisé, vous pourrez évoquer une perte de chance. Un avocat sera ravi de démontrer que la banque a fait un blocage ayant occasionné un refus d’indemnisation alors que l’emprunteur avait démontré sa volonté d’être correctement assuré.
Vous souhaitez souscrire votre assurance emprunteur ou changer de contrat ? Vous souhaitez être accompagné et conseiller par un courtier spécialiste de l’assurance de prêt
